Le port : petite taille, grande réputation
Le port de Gustavia est un port naturel en forme de U, protégé par les collines de Fort Oscar et Fort Karl. La passe d'entrée est orientée ouest et offre un bon abri contre la houle d'est dominante. Le bassin intérieur accueille environ 60 bateaux au quai, sur des pontons flottants le long des deux quais principaux.
Ce qui frappe quand on entre pour la première fois, c'est le contraste : un tender de 3 mètres amarré à côté d'un superyacht de 50 mètres. C'est le charme de Gustavia — tout le monde cohabite dans un espace restreint.
Les quais
Le quai nord (côté ville) accueille les bateaux jusqu'à 20 mètres environ. Les places sont attribuées par la capitainerie en fonction de la taille et de la disponibilité. Pas de contrat annuel pour les visiteurs : c'est au jour le jour, premier arrivé premier servi.
Le quai sud (côté Fort Oscar) est réservé aux plus grandes unités et aux bateaux professionnels (charter, plongée). Les superyachts de plus de 30 mètres s'y amarrent en cul, proue vers le large.
La rade : l'extension naturelle du port
La rade de Gustavia accueille la majorité des bateaux, ceux qui ne trouvent pas de place au quai ou qui préfèrent le mouillage. On peut y compter entre 50 et 200 bateaux selon la saison. Le fond est constitué de sable et d'herbier à une profondeur de 4 à 8 mètres — ça tient bien avec une bonne ancre.
Le mouillage en rade est payant en haute saison (décembre à avril). La capitainerie relève les numéros d'immatriculation et envoie un agent en annexe pour encaisser la redevance. Les tarifs sont affichés au bureau du port.
Attention au roulis : quand la houle de nord-ouest rentre (rare mais ça arrive entre décembre et février), la rade de Gustavia roule fort. Les bateaux mouillés à l'entrée de la rade, côté pointe de Corossol, sont les plus exposés.
Les services au port
Carburant
La station carburant est située sur le quai nord. Gasoil et essence disponibles, pas de GPL. Les prix sont élevés — on est sur une île sans raffinerie, tout arrive par barge depuis Saint-Martin. Compter un surcoût de 30 à 40% par rapport aux tarifs métropolitains. Pour les gros pleins, certains yachts se ravitaillent à Sint Maarten avant de descendre à Saint-Barth.
Eau et électricité
Eau douce disponible au quai, facturée au mètre cube. L'eau est produite par dessalement — c'est une ressource précieuse à Saint-Barth. Électricité en 16A et 32A monophasé sur les pontons principaux. Pour du triphasé ou du 63A, il faut s'adresser à la capitainerie qui peut arranger un branchement sur le réseau principal.
Dinghy dock
Un ponton dinghy est accessible gratuitement pour les annexes des bateaux au mouillage. C'est le point d'accès à terre le plus pratique depuis la rade. En haute saison, le ponton est saturé et il faut parfois rafler son annexe à un autre bateau pour trouver de la place. Mettre un cadenas sur son moteur hors-bord n'est pas superflu.
Arriver à Gustavia par la mer
Depuis Sint Maarten (principale île voisine), c'est environ 15 milles nautiques par le nord. La traversée prend 1h30 à 2h selon les conditions. Le canal entre les deux îles est souvent venteux (15-25 nœuds d'est en alizés établis) avec une mer courte et croisée. Les jours de fort alizé, la traversée peut être sportive pour les petites unités.
Depuis Saint-Martin côté français (Marigot), même distance à peu de chose près. On passe entre les rochers de Fourche et Frégate avant d'entrer dans la rade de Gustavia par l'ouest.
Pour les bateaux venant du sud (Guadeloupe, Antigua), l'approche se fait par le sud-est en contournant l'île par Lorient ou par le sud via Gouverneur.
La douane et l'immigration
Saint-Barthélemy est une collectivité d'outre-mer française. Les bateaux battant pavillon français n'ont pas de formalités douanières. Pour les pavillons étrangers, une déclaration en douane est obligatoire à l'arrivée. Le bureau de douane est situé en face du quai nord, ouvert en semaine.
Les bateaux de charter étrangers doivent obtenir une autorisation spécifique pour exercer dans les eaux de Saint-Barth. Les contrôles sont réguliers, surtout en haute saison quand les yachts de charter affluent.
La haute saison : décembre à avril
Pendant la haute saison, Gustavia se transforme. La rade se remplit de superyachts, les quais sont pris d'assaut et les prix montent. Les places au quai sont quasi introuvables sans réservation préalable. La capitainerie recommande de réserver 2 semaines à l'avance minimum entre le 20 décembre et le 10 janvier — la période du réveillon de Nouvel An à Saint-Barth est devenue un rendez-vous mondial du yachting.
En basse saison (mai-novembre), c'est une autre ambiance. Le port est calme, les places sont disponibles au quai et les tarifs de mouillage sont souvent négociables. C'est aussi la période où on carène les bateaux, en profitant des créneaux libres sur la zone technique.