Saint-Jean : le mouillage star
La baie de Saint-Jean est probablement le mouillage le plus photographié de Saint-Barth. Deux criques séparées par la pointe rocheuse d'Eden Rock : la baie ouest (côté aéroport) et la baie est (côté Eden Rock). Les deux offrent un fond de sable à 3-5 mètres, cristallin et bien tenu.
Le mouillage côté aéroport est le plus spacieux, avec de la place pour 15-20 bateaux. L'attraction locale : les avions qui passent à 20 mètres au-dessus des mâts en approche finale sur la piste de Gustaf III. La première fois, ça surprend. Après, on s'y habitue — et les passagers de l'avion prennent des photos de votre bateau.
Côté est, c'est plus intime et mieux protégé de la houle de nord. Par contre, le fond remonte vite vers la plage et il y a des roches affleurantes — mouiller à au moins 100 mètres du rivage.
Conditions et précautions
Saint-Jean est un mouillage de beau temps. Quand les alizés forcissent au-delà de 20 nœuds, le clapot rentre dans la baie et le roulis devient désagréable. En cas de houle de nord (décembre-février), c'est carrément intenable — on dégage vers Gustavia.
Colombier : la baie sauvage
Colombier est le joyau de Saint-Barth. Accessible uniquement par la mer ou par un sentier de randonnée depuis Flamands, cette baie préservée offre un mouillage exceptionnel sur fond de sable blanc à 5-8 mètres.
L'eau est d'une clarté invraisemblable — on voit l'ancre depuis le cockpit. Les tortues marines viennent brouter l'herbier entre les bateaux. Les raies passent en dessous de la coque. C'est le genre d'endroit qui justifie à lui seul d'avoir un bateau.
Le mouillage est limité à une vingtaine de bateaux. Des bouées de corps-mort ont été installées en 2023 pour protéger les fonds — leur utilisation est obligatoire quand elles sont disponibles. Sinon, on mouille sur sable en s'assurant de ne pas poser l'ancre sur l'herbier.
L'accès
Depuis Gustavia, c'est 3 milles nautiques en contournant la pointe de Corossol par l'ouest. La navigation longe la côte sous le vent, calme la plupart du temps. L'entrée de la baie est large et dégagée, pas de danger. Par contre, il n'y a aucun service à terre — ni eau, ni poubelle, ni restaurant. On emporte tout et on remporte tout.
Anse de Lorient : le mouillage discret
Lorient est une petite baie sur la côte nord, entre Saint-Jean et Grand Cul-de-Sac. Le mouillage est protégé de la houle par un récif frangeant, ce qui en fait un bon abri même par alizés soutenus. Fond de sable à 4-6 mètres, place pour une quinzaine de bateaux.
L'ambiance est plus locale que touristique. On y trouve surtout des bateaux de résidents et quelques voiliers de passage qui préfèrent le calme de Lorient au mouvement de Gustavia. La plage est agréable mais attention au courant de baïne qui se forme à marée descendante du côté est.
Corossol : chez les pêcheurs
Le petit village de Corossol possède une baie en forme de croissant, juste à l'ouest de Gustavia. C'est le dernier village de pêcheurs authentique de Saint-Barth. Les canots colorés des pêcheurs locaux sont tirés sur la plage ou mouillés dans la baie.
On peut y mouiller sur fond de sable à 3-5 mètres, mais la place est limitée (10-12 bateaux maximum). Le mouillage est bien protégé des alizés d'est mais ouvert à l'ouest — si une houle de nord-ouest rentre, il faut dégager.
Le charme de Corossol, c'est de débarquer en annexe et de remonter dans le village pour acheter du poisson frais directement aux pêcheurs qui rentrent le matin. Difficile de faire plus local.
Gouverneur : la plage cachée
Au sud de l'île, l'anse de Gouverneur est un mouillage de jour par beau temps. Fond de sable à 6-8 mètres, ouvert au sud. C'est magnifique mais la houle de sud qui remonte des Grenadines peut s'y engouffrer sans prévenir. On n'y dort pas.
L'approche par le sud-ouest est claire, sans danger. La plage est l'une des plus belles de l'île — sable fin, pas de construction visible depuis l'eau, collines verdoyantes tout autour.
Grand Cul-de-Sac : le lagon
Le Grand Cul-de-Sac est un lagon protégé par une barrière de corail au nord-est de l'île. C'est le seul mouillage de type lagonaire à Saint-Barth. Profondeur faible (2-3 mètres dans le chenal), fond de sable et herbier.
Le mouillage est très calme mais l'accès demande de l'attention : la passe dans le récif est étroite et pas toujours bien balisée. On rentre en suivant les bouées latérales, de préférence avec le soleil dans le dos pour bien voir le fond. Tirant d'eau maximum : 1.80 mètre dans la passe, plus confortable à marée haute.
Une fois à l'intérieur, c'est un plan d'eau de piscine. L'endroit est prisé des kite-surfeurs et des familles. On mouille côté est du lagon pour être à l'écart de la zone de kite.
Quelques règles générales
Les corps-morts installés par la collectivité sont obligatoires quand ils sont disponibles. Le mouillage sur ancre dans les zones d'herbier est interdit depuis 2022 pour protéger les fonds marins. Les amendes sont réelles — la gendarmerie maritime patrouille régulièrement, surtout en haute saison.
La nuit au mouillage à Saint-Barth est paisible mais il faut afficher un feu de mouillage (360° blanc). On voit encore des bateaux sans éclairage, c'est dangereux et verbalisable.
Dernier conseil : télécharger l'application Navionics ou avoir une carte SHOM à jour. Les cartes Google Maps sont imprécises sur les fonds marins et ne montrent pas les roches isolées. On a vu un quillard s'échouer sur un haut-fond non signalé à la sortie de Saint-Jean — 15 000€ de réparation pour avoir fait confiance à son téléphone.